Enquête sur le bio : Carrefour et Intermarché soupçonnés de fausser le marché

Enquête sur le bio : Carrefour et Intermarché soupçonnés de fausser le marché

Les pratiques de distribution dans le secteur du bio sont sous les feux des projecteurs, alors que deux géants de l’industrie se retrouvent au cœur d’une controverse. Des révélations récentes mettent en lumière des méthodes douteuses qui pourraient bien ébranler la confiance des consommateurs envers ces entreprises autrefois considérées comme des modèles de transparence et d’éthique.

Alors que le marché du bio continue de croître à un rythme soutenu, ces découvertes soulèvent des questions cruciales sur l’intégrité des chaînes d’approvisionnement et la véritable nature des engagements écologiques affichés par ces acteurs majeurs. Une enquête approfondie s’impose pour démêler le vrai du faux.

Notification de griefs et accusations portées

Carrefour et Intermarché se retrouvent sous le feu des projecteurs après avoir été notifiés par l’Autorité de la concurrence pour une supposée « stratégie collective » visant à segmenter artificiellement la distribution des produits biologiques. Cette notification, reçue fin 2024, accuse les deux géants de la distribution d’avoir coordonné leurs actions depuis novembre 2016 pour différencier la vente de produits bio entre canaux spécialisés et conventionnels.

Les entreprises contestent vigoureusement ces allégations, affirmant n’avoir jamais participé à une telle concertation avec le Synabio, syndicat professionnel du secteur. L’Autorité souligne que cette notification ne préjuge pas de leur culpabilité, ouvrant ainsi une procédure contradictoire.

Réactions des enseignes concernées

Carrefour et Intermarché ont rapidement réagi aux accusations de l’Autorité de la concurrence. Carrefour, via ses filiales Sobio, Greenweez et CSF, réfute toute coordination avec le Synabio, soulignant que seule Greenweez a assisté à une réunion du syndicat. Intermarché, propriétaire des Comptoirs de la bio, conteste également les griefs, affirmant n’avoir jamais participé à une telle stratégie collective.

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En contraste, Casino et Biocoop n’ont reçu aucune notification similaire, ce qui pourrait influencer leur positionnement sur le marché bio. L’Autorité de la concurrence rappelle que cette procédure permet aux entreprises mises en cause de présenter leurs arguments avant toute décision finale.

Procédure contradictoire et rôle de l’autorité de la concurrence

La procédure contradictoire initiée par l’Autorité de la concurrence permet à Carrefour et Intermarché de défendre leur position face aux accusations. Après réception de la notification de griefs, les entreprises disposent d’un délai pour soumettre leurs observations écrites, contestant les faits reprochés.

Elles peuvent également être entendues lors d’une audience devant le collège de l’Autorité. Ce dernier, composé de 17 membres, évalue minutieusement les preuves présentées avant de rendre une décision finale. L’Autorité agit en toute indépendance, garantissant un processus équitable où chaque partie peut faire valoir ses arguments, assurant ainsi le respect des droits de la défense tout au long de l’instruction.

Arthur Quentin

Journaliste spécialisé dans la grande distribution et le commerce en ligne. Fort d’une expérience au sein de plusieurs rédactions, il décrypte les tendances de consommation, les stratégies des enseignes et les meilleurs bons plans pour Actu Retail.